Article - La restauration rapide continue de sur-performer

  • La restauration rapide continue de sur-performer

     

    Dans un contexte économique atone, la restauration rapide reste la locomotive de l'ensemble de la consommation alimentaire hors domicile. Elle continue de diversifier son offre, tandis que les fondamentaux de son développement n'ont jamais été aussi pertinents.


    "L'offre explose, innove, fait bouger les lignes et, depuis des années, la restauration hors domicile n'a jamais régressé en valeur". Après un tel constat, Bernard Boutboul, directeur général de Gira Conseil, dresse une synthèse flatteuse de la restauration. Avec un chiffre d'affaires de 87 milliards d'euros, le secteur a réussi à progresser de 0,57% en 2013. Selon les chiffres de Gira Conseil, la restauration commerciale (50 milliards) a légèrement diminué de 0,75%, tandis que la restauration collective (20 milliards) rebondissait de 4,53%. Par ailleurs, les formes alternatives de consommation hors domicile (GMS, pétroliers…) ont vu leurs ventes augmenter de 1,7%, à un peu plus de 11 milliards. Suivent la restauration hôtelière en déclin (-2,6% à 6 milliards) et la distribution automatique alimentaire – encore marginale – en relative stagnation (+0,5% à 170 millions).

    Si la restauration commerciale marque donc le pas, la restauration rapide connaît en son sein une conjoncture nettement meilleure. La VAC – Vente Au Comptoir telle que la définit Gira Conseil en opposition au SAT, Service A Table – a dépassé la moitié des ventes de la restauration commerciale depuis 2012. En 2013, le chiffre d'affaires de la restauration rapide a augmenté de 1,78%, en ayant servi 7,2 milliards de repas, soit 2,56% de plus que l'année précédente.

     

    La restauration rapide continue de sur-performer

     

    Quid de 2014 ?

     

    Sur l'ensemble du secteur, les estimations de Gira Conseil sur les huit premiers mois de l'année ne sont pourtant guère réjouissantes. A la fin du mois d'août, le chiffre d'affaires global de la consommation alimentaire hors domicile était en régression, tous circuits confondus. Et, fait également nouveau, on assiste pour la première fois à un recul des chaînes et des groupes (-9% sur l'ensemble de la restauration commerciale, pour seulement -2,1% pour les restaurateurs indépendants). Mais la restauration rapide, ou VAC, reste mieux lotie : "les évolutions varient de +3% pour les meilleurs à -14% pour les plus touchés" note Gira Conseil.

    Les deux années précédentes, les performances de la restauration n'avaient déjà pas été flamboyantes ; mais la fin d'année avait permis de corriger le tir, pour donner une année finalement en légère progression. Quid en 2014 ? A fin septembre, les ventes du SAT régressaient de 7% selon Gira Conseil depuis le début de l'année, avec des baisses pouvant atteindre -35%, mais la VAC reste en croissance de 1,5%, avec des progressions s'étalant de -14% à +6%. La restauration rapide connaît donc toujours, relativement, une meilleure conjoncture, d'autant qu'elle se développe sur de nouveaux créneaux : la consommation durant les week-ends, où le service à table régresse fortement, ou celle sur les lieux touristiques où le SAT souffre également durant les périodes de congés. Bref, "la restauration rapide va bien" conclut Bernard Boutboul.


     

    Et pour l'avenir ?

     

    D'autant qu'elle conserve de nombreuses raisons d'espérer. Depuis l'arrivée de McDonald's en France en 1979, puis les lancements de Brioche Dorée en 1981 ou de Paul en 1983, la restauration rapide s'est considérablement étoffée. "Nous sommes passés de deux produits à 35 aujourd'hui" compte Bernard Boutboul. Et de citer, dans le désordre, wok, tex-mex, ceviche, bagel, soupes, bocaux, etc.. Avec, en prime, une montée en gamme des produits de masse, telle qu'on peut y assister sur le burger bien sûr, mais également en pizza par exemple.

    Enfin, les tendances de fond qui ont porté l'essor de la restauration rapide restent toujours valides. Non seulement, la croissance démographique, même modeste, continue d'apporter de nouveaux consommateurs potentiels au marché, mais encore l'évolution des comportements lui reste favorable. A commencer par les habitudes alimentaires du déjeuner du midi, marquées par une diminution régulière du taux de retour au domicile. Enfin, la déstructuration des repas et la recherche du meilleur rapport qualité-prix jouent aussi en sa faveur… Pas si mal !


     

    Benoît Jullien - journaliste - ICAAL
    décembre 2014

Nous utilisons des cookies pour faire fonctionner ce site Internet, améliorer son utilisation et vous proposer des offres et services adaptés à vos centres d'intérêt. Veuillez noter qu'en utilisant ce site, vous consentez à l'utilisation de cookies. Pour toute information sur les cookies notamment comment les gerer, cliquer ici