Article - L'offre snacking se joue des frontières

  • L'offre snacking se joue des frontières

     

    Snacking et innovation font naturellement bon ménage. L'univers s'assagit mais il reste créatif, notamment en multipliant les passerelles entre restauration rapide et marques alimentaires. Brève analyse des nouveautés récentes…

     

    Le snacking entre doucement dans l'ère de la maturité, ce qui est somme toute assez normal si l'on date le démarrage de son essor au début des années 2000. C'est pourquoi l'activité innovante que suscite cet univers semble ralentir quelque peu, même si elle reste à un niveau nettement supérieur à la moyenne des marchés alimentaires. Qu'en est-il depuis la tenue du dernier Sandwich & Snack Show, en février dernier ?

    En restauration rapide, l'offre alimentaire n'a en effet pas connu de réel bouleversement ces derniers mois. Sans doute parce qu'outre le développement de leur réseau et l'amélioration de leur concept, les enseignes sont actuellement plus souvent accaparées par le déploiement de méthodes commerciales rendues possibles par les apports des nouvelles technologies (commandes, paiement, livraison…).

    Toutefois, leur offre continue d'évoluer, notamment quand il s'agit de développer une proposition saine (La P'tite poire lancée par McDo, après la P'tite pomme). Et puis il reste également la vague du burger qui continue de déferler, avec de nouveaux concepts (Mythic Burger par exemple) et des déclinaisons de recettes, comme un burger au Saint-Nectaire chez Speed Burger ou un burger à La Vache qui rit chez Quick.

    Recourant à un co-branding avec le groupe Bel, ce dernier exemple témoigne d'ailleurs de la porosité grandissante entre le monde de la restauration rapide et celui de la grande consommation. Starbucks a lancé sa marque avec succès dans les rayons des GMS, au point que ses Frappuccinos et autres Discoveries ont réveillé l'offre des fabricants habituels de boissons lactées. La rumeur prête également à McDo des velléités de signer des produits alimentaires.

    Inversement, nombre de marques alimentaires ont multiplié des espaces de restauration éphémères, sans oublier les nombreux trucks qui ont sillonné les routes sous leurs couleurs. C'est bien là le signe que le snacking s'est véritablement installé, avec ses codes, dans leurs stratégies marketing ; il s'étend à la politique commerciale tout en s'imposant au cœur de la construction de l'offre.

     

    Offre de burger


     

    Les marques alimentaires s'emparent du snacking

     

    En GMS, on peut estimer que le snacking - au sens strict - est le premier axe d'innovation de près d'un lancement sur dix (le repas "classique" reste malgré tout majoritaire). Mais il est bien sûr présent, comme deuxième ou troisième critère, dans de nombreux autres nouveaux produits dont la priorité peut être la nutrition-santé (des barres ou des crackers Special K chez Kellogg's) ou le packaging (la canette slim de 25 cl de Coca)…

    Quelques catégories-phares en GMS donnent d'ailleurs lieu à de vives confrontations. A commencer par le match des box (dont la naissance a eu lieu sur le salon même, en 2009) entre autres avec Sodebo et Fleury Michon qui rivalisent de lancements. Ou celui des sandwichs, avec la récente arrivée de Pocket's de Daunat, des mini-sandwichs proposés comme en-cas et conservables six heures à température ambiante, succédant à d'autres initiatives, ici aussi, de Sodebo ou de Fleury Michon, de retour sur ce segment.

    On peut également citer le match des compotes, avec la tentative de Charles & Alice de s'installer au rayon frais avec des gourdes, le lancement par Pom'Potes de Materne de gourdes (en ambiant cette fois) dotées d'un héli-bouchon facilement ouvrable par les enfants, ou encore la redécouverte du berlingot par St-Mamet. On assiste aussi à l'instauration de véritables "solutions repas" complètes, depuis le succès de Salade & Compagnie de Sodebo, suivi depuis par Dessaint ou Bonduelle, ce dernier ajoutant un dessert avec Andros. Et même les marques de distributeurs ne sont pas en reste, à commencer par Bon App' de Carrefour qui a étendu sa gamme à des références sucrées ou celle développée par Franprix.

    Enfin, de grands industriels comme Bonduelle ou LDC (Loué, Le Gaulois, etc.) ont annoncé leur intention de s'intéresser de beaucoup plus près à la restauration rapide ; le premier en déclinant sa marque Cassegrain en foodservice, le second en rachetant diverses usines spécialisées à Glon-Sanders. Il y a deux ans, on mettait déjà en évidence la distri-ration (voir "Quand la distribution restaure") qui illustre le recoupement entre le grand commerce et la restauration en termes de réseaux. Le phénomène s'étend désormais aux produits et aux marques.

     


    Benoît Jullien - journaliste - ICAAL
    novembre 2014

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